Les eaux du fleuve ont leur propre langage, leur mémoire et leur volonté. En quête des solitudes où murmurent les voix de l’eau, je suis arrivée au bord du fleuve Congo sur les pas de la danse à Brazzaville et à Kinshasa.
Dans mes bagages, quarante-neuf poèmes.
Ces textes écrits au fil de 20 années, de 2004 à 2024, perdus, oubliés, retrouvés, se sont enfin rassemblés. Ils ont décidé de naître sur les rives du fleuve.
Mémoires de l’eau, mémoires intimes. Ces poèmes de 20 années de vie sont des lettres d’amour, d’adieu, de gratitude, de silence, De réconciliation ou de colère. Des lettres à moi-même, à mon corps et à celui des femmes.
Écho des poèmes, le mouvement de la couleur noire et blanche incarne leur danse. Les 49 calligraphies contiennent toutes une phrase. Cryptées, ces phrases ne sont pas lisibles. Je les ai prononcées pour que leur intention relie œuvres et poèmes. Célébrer, comme la terre, le ciel et l’eau du fleuve. Le souffle commun qui embrasse nos vies. L’Amour dans son Unicité.
Trois yeux poèmes fait référence à l’œil magique du Poète composant son œuvre, et aux co auteur.e.s de ce recueil. Ils sont en effet trois, Frédéric Ganga, Liss Kihindou et Alexia Traore, à avoir composé chaque poème de l’ ouvrage. L’alchimie des trois yeux se révèle souvent puissante, parfois énigmatique. Les thèmes ont également été choisis collégialement. Au départ, c’était un jeu de composition entre les trois auteur.e.s. Puis le jeu devint travail passionné, mêlant les univers en une parole commune.
Trois yeux poèmes est aussi un ouvrage tissé comme une passerelles entre la France et le Congo, terres de naissance ou terres d’inspiration.
Une préface du poète Congolais Emeraude Kouka, écho et préfiguration des textes, inaugure l’ouvrage.
Alexia Traore participe à cette troisième édition de la revue Lettres d’Hivernage dédié aux voix de femmes : poétesses, autrices, artistes contemporaines qui donnent à voir quelques chose qui appartient à leur expérience propre, au vécu féminin dans ce monde.